Puissants, minéraux, sauvages — nos miels du Périgord Noir

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miel bio de châtaigniers

Le châtaignier pousse aussi dans notre sud-Gironde. Nous y avons produit notre miel de châtaignier pendant des années, et parfois même notre miellat de chêne.

Puis le cynips est arrivé. Ce petit insecte parasite, originaire d'Asie, s'est répandu dans les châtaigneraies du sud-ouest et a considérablement affaibli la production de miel.
Nous avons participé à un programme de diffusion du Torymus sinensis, la petite guêpe prédatrice naturelle du cynips, dans l'espoir d'enrayer le phénomène. Mais les années passant, les récoltes de châtaignier s'amenuisaient, et le miel devenait de plus en plus un toutes fleurs de printemps au profit de la ronce.

Nous avons donc fait un choix fort afin de proposer un miel bio de châtaignier pur, puissant, sans compromis. Nous sommes partis en Périgord Noir, là où la densité de châtaignier est forte, et où le terroir donne force et caractère à ses miels.
La production de miellat de forêt issue des chênes et châtaigniers y est également plus fréquente.

Ce déplacement a été rendu possible par Paul. Ami apiculteur du Périgord, il nous a accueilli sur ses emplacements dans les forêts au-dessus de Bergerac.
Ses emplacements, sa connaissance du territoire, sa générosité — sans lui, nos miels n'existeraient pas sous cette forme. Chaque transhumance là-bas est autant un travail apicole qu'un moment de retrouvailles et de partage.

Les ruches viennent juste d'arriver pour cette nouvelle saison. Elles commencent à peine à butiner. On ne sait pas encore ce que ça donnera.


Le Périgord Noir : un terroir de forêt profonde

Les forêts qui surplombent la Dordogne entre Bergerac et Villamblard appartiennent à ce Périgord Noir dont le nom dit tout — des forêt denses, des châtaigniers centenaires, des chênes massifs, une végétation sauvage qui filtre la lumière et garde l'humidité au sol même en plein été.

En contrebas, la Dordogne. Un fleuve sauvage que j'aime beaucoup. Les ruchers en surplomb captent quelque chose de ce territoire : l'intensité, la minéralité, la profondeur.

C'est un terroir sans agriculture intensive à l'horizon. La forêt est la forêt. Les abeilles n'ont ici affaire qu'à des flores spontanées, non traitées, libres.


Juin-juillet : le châtaignier pur

Le châtaignier est une fleur apicole particulière. Sa floraison est relativement courte, intense, et elle donne un miel qui ne ressemble à aucun autre — sombre, corsé, amer, avec une persistance longue et une complexité aromatique qui déroute souvent ceux qui s'attendent à la douceur habituelle du miel.

Ce que nous récoltons ici est un châtaignier pur. C'est important à dire, parce que tous les miels de châtaignier ne se ressemblent pas. Dans le Bazadais — notre terroir de base en Gironde — le miel châtaignier est plus doux, arrondi, où le châtaignier est présent mais tempéré par le nectar de ronces. Ici, dans les forêts du Périgord Noir, le châtaignier domine. Il n'est pas adouci. Il s'exprime pleinement, sans concession.

Pour ceux qui cherchent un miel de caractère — intense, végétal, légèrement tannique — c'est celui-là.


Août : le miellat de forêt

Le miellat est une production à part dans le monde apicole. Ce n'est pas à proprement parler du nectar de fleur — les abeilles le récoltent sur les sécrétions sucrées produites par des insectes qui se nourrissent de la sève des arbres, principalement les châtaigniers et les chênes de ces forêts. Il en résulte un miel d'une nature différente : sombre, presque brun, d'une minéralité prononcée, avec des notes boisées et résinées qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

Le miellat de forêt est régulier sur ce terroir en août. Pas garanti — rien ne l'est jamais en apiculture — mais les conditions de ces forêts sauvages du Périgord le favorisent année après année. C'est un miel confidentiel, peu connu du grand public, souvent plus apprécié par les connaisseurs.


Ce que cette transhumance représente

Poser ses ruches chez quelqu'un, c'est être reçu. Paul ne nous prête pas juste des emplacements — il nous ouvre son territoire, sa maison, sa vie. C'est une générosité concrète, sans calcul, dans l'esprit de ce que l'apiculture paysanne a de meilleur quand elle se pratique entre gens qui s'estiment.

La Bórda d'Ambrosi s'est toujours construite comme ça — dans le don, l'échange, le partage.
Chaque déplacement en Périgord, c'est une occasion de se retrouver. On parle de saisons, d'abeilles, d'engagement, de vie. On partage un repas, une bière, quelques heures. Une amitié qui grandit à chaque passage.

Ces miels existent parce que cette relation les précède et les nourrit. Un miel ne sort pas seulement d'une ruche et d'une fleur. Il sort aussi de ça.

 

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